Une histoire d’amour….

Il y a des rencontres qui vous marquent pour la vie. Parfois brève, fugace inattendues, mais qui vous laisse une belle chaleur au cœur. Ce matin là, gris, austère, dans la plaine champenoise, elle était là, depuis presque 5 siècles, avec son sourire ravageur et malicieux. Si je n’avais eu à la photographier, je serais peut-être passé devant, indifférent. Mais tous lesphotographes vous le dirons, la belle image, vous êtes le premier à la ressentir avant d’appuyer sur le déclencheur. Ce qui est rare, c’est que la grâce subsiste, plusieurs mois après, et qu’on en demeure tout épanoui, comme le chantait Brassens, à propos des belles passantes. Elles sont une multitude, dans ce coin de Champagne, rivalisant de charme et d’élégance, certaines roturières, d’autre de bonne famille, prêtes à vous remplir le cœur de ce mal d’amour dont on ne guérit pas facilement…

Pour les techniciens :

La photographie d’œuvres d’art impose le respect de la création de l’artiste, la lumière bien que nécessaire, (pas de lumière, pas de photo !) doit être invisible. Un savant dosage d’ombres et de lumières permet de souligner les formes avec délicatesse, le galbe d’une hanche, le drapé savant d’une robe, la présence d’un regard. Les techniques du portraitiste sont de rigueur ! Il faut que la dame, ou son conservateur, s’y reconnaissent… Les messieurs quant à eux, du haut de leur fière élégance, semblent nous dire : que fait ce manant et qu’est-ce cette nouvelle escopette qui  menace avec ce gros œil rond ?

Une pose longue et un éclair de flash savamment filtré ont saisi la grâce de ces personnages d’un autre âge, qui veillent silencieusement depuis des siècles au cœur de leur sanctuaire.

Les vitraux ne posent que le problème de la qualité de lumière naturelle qui les éclaire de l’extérieur. Si toutes les verrières étaient au nord, seule cette lumière froide et neutre les respecte! Le temps de pose est délicat à déterminer, il faut un peu de métier…

Le grand bonheur de ce travail est d’avoir été le collaborateur zélé et naïf d’un professeur du Collège de France, qui vous donne l’impression à tout moment d’avoir fréquenté tous ces gens de près et d’être par moment encore avec eux, sur leur planète.

Michel THAT, photographe.

 

 

La philosophie du projet 
par le conservateur du patrimoine

Jalon d'histoire: présentation 
et analyse des 40 oeuvres