In mémoriam Michel Caille

40 chefs-d’œuvre autour des lacs.

La philosophie du projet.

40 chefs- d’œuvre, je n’ai fait que les choisir, comme un enfant dans un magasin de jouet, à qui un parent généreux proposerait " prends ce que tu veux ".

La gageure était de les rendre accessibles à tous, quel que soit son savoir, son âge, sa culture. Une plaquette ludique, non reproduite dans ce site, doit donner envie de découvrir un autre monde.

Comment être inspiré par les œuvres d’art de l’école de Champagne ?

J’eus l’idée de les faire parler, comme si elles nous accueillaient.

Pierre Leroy du collège de France, à qui je confiais cette tâche au nom du Parc Régional me répondit : " tu es complètement fou, on va essayer ". Alors de longues discussions devant chaque œuvre choisie, pour la plupart inconnues, nous réunirent. Echanges d’idées, de propos, comparaisons fertiles autour d’un dialogue qui se poursuit entre nous deux depuis 15 ans déjà. Toujours le même sujet ; qu’elle est la spécificité de cette Champagne méridionale du XVI e siècle, qui ne semble pas suivre le reste du royaume et dont l’art si merveilleux est le reflet ? Pierre Leroy réfléchissait en historien de la culture et de la religion, je proposais mes courbes et mes statistiques d’historien de l’économie. Pierre écrivait, il écrit si bien, il est le père de la majeure partie des textes et quel monument que sa synthèse  ! (jalons d’histoire)

Michel That eut le lourd devoir de photographier chaque œuvre mais aussi les paroles de cette œuvre que lui prêtait Pierre Leroy.

J’étais fou avait-il dit, et ma folie fut suivie et portée par les services de la Région et de l’Etat. Marie-Catherine Massé, au nom de l’Office Culturel de Champagne-Ardenne la première soutint le projet ; rejointe très vite de Frédéric Murienne Conservateur Régional des Monuments Historiques de Champagne-Ardenne (DRAC) et du regretté Michel Caille, Inspecteur des Monuments Historiques de Champagne-Ardenne (DRAC=, qui hélas, ne verra pas ce projet qu’il a tant accompagné.

L’Etat et la Région ont financé ce circuit mais ils ont surtout, aidé par le Conseil général de l’Aube, permis la restauration de ces œuvres qui se poursuit encore aujourd’hui dans des montants de financement inédit (contrat de plan état région 2000-2006).

Nous courrions tous les églises comme un groupe d’amis s’offrant un week-end, cherchant la bonne auberge qui allait nous accueillir où nous ririons de nos trouvailles. Geneviève Breq-Bautier nous rejoint à son tour et dans la même bonne humeur, le Louvre nous éclaira de ses conseils.

Le public n’allait-il pas se heurter à des portes closes et avoir peur de ses écrins que sont nos églises rurales, Il fallait un panneau pour indiquer le lieu où est conservé la clé et donner un minimum d’explications architecturales.

Désormais les églises se mirent à leur tour à parler à la première personne et les services du Parc, renforcés pour l’occasion, en firent l’analyse.

Jean-Marc Marande dessina les plans qui manquaient au service départemental de l’Architecture, sous le soleil, la pluie parfois, et nous nous exclamions à notre tour devant les œuvres découvertes.

Il est un autre père secret de ce projet et non des moindres, le Président du Parc Etienne Copel, qui par une de ces clairvoyances qui caractérisent les élus du peuple et dans ce langage si particulier des officiers généraux en avait voulu l’existence " Michon qu’est-ce que vous faîtes ? j’invite mes copains de promotion à faire du vélo, il pleut ! Je veux les accompagner dans les églises, je n’ai pas une documentation, débrouillez-vous ! " . Lui aussi me suivit dans ma folie, le premier il comprit l’intérêt et le caractère amical et festif de ce genre de visite.

Visiteur du parc, promeneur de ses forêts, baigneur de ces lacs, tu trouveras devant chaque église un panneau architectural, pousse la porte et tu découvriras un chef d’œuvre dont les textes sont dans ce site. Régale-toi, l’art est immortel !

Sylvain MICHON, Conservateur du patrimoine.

 

 

Jalon d'histoire: présentation
et analyse des 40 oeuvres

L'oeil du photographe :
détails techniques