La Vierge de Dosches

Comme je suis française, et même parisienne : la simplicité aristocratique des traits de mon visage doucement encadré par une chevelure ondulée, l'équilibre de mon vêtement dont les plis réguliers sont à peine animés par un léger déhanchement, et même la sagesse du petit Jésus qui bénit, tout plaide pour la fin du temps béni de la reine Jeanne de Navarre, restée chez nous comtesse de Champagne, morte en 1305… il n'y a guère que ma haute et somptueuse couronne et peut-être les couleurs vives qui recouvraient le bois dont je suis faite, qui peuvent attester de la part de l'artiste une volonté d'expression plus appuyée. Le sceptre fleurdelisé que je tenais à la main droite (aujourd'hui disparu) devait encore accentuer mon caractère royal et un peu inaccessible, comme aux gisants des " rois maudits " à la basilique de Saint-Denis.

M. H. 27-12-1913

Virgin Mary Dosches

As I am French, and Parisian: the aristocratic simplicity of the features of my face are softly framed by wavy hair, the balance of my garment whose regular folds are hardly enlivened by a slight sway of the hips, and even the wisdom of the small Jesus that blesses, all this suggests my creation at the end of the reign of the blessed Queen Jeanne of Navarre, who remained with us as Countess of Champagne… there is only my tall and sumptuous crown and maybe the lively colours that covered the wood of which I am made, that can attest on the artist’s behalf to a more emphatic freedom of expression . The sceptre decorated with fleurs-de-lis that I held in my right hand, which has now gone, was there to accentuate my royal and slightly inaccessible character, like the recumbent figures of the « cursed kings » in the basilica of Saint-Denis.

MR. H. 27-12-1913