Piéta de Brevonnes.

J'ai peut-être longtemps porté la prière des moines de Montier-la-Celle près de Troyes. Depuis, une âme pieuse a fait construire ce modeste oratoire du Marmoret pour arrêter un instant le voyageur à la croisée des chemins et susciter sa pitié.
Son chemin à Lui s'est arrêté sur la croix. On a descendu son corps meurtri et un instant encore, avant de l'ensevelir, on l'a déposé sur mes genoux, comme quand il était petit…
L'artiste, influencé en cette deuxième moitié du 15e siècle par l'art réaliste des Flandres, a caché ma peine dans les amples plis de mon manteau et recouvert presque totalement mes yeux qui ont trop pleuré. Il a du rencontrer, ne serait-ce qu'au cours de cette guerre de cent ans, terrible en Champagne, de ces corps raidis dans la mort… mais que les coudes sont maladroits !
Passant qui voyez ma douleur, compatissez avec toutes les mères qui ont connu, qui connaissent encore, la douleur de serrer sur leur cœur le cadavre de l'enfant auquel elles ont donné le jour.

M. H.

Pieta Brevonnes.

The monks of the abbey of Montier-le-Celle near Troyes probably once prayed before me. A devout soul has since had built the modest oratory of Marmoret, to stop travellers for a moment at the crossroads and to arouse their pity.
His path finished on the cross. They took down his wounded body and once again for a moment, before burying him, they put him on my knees, like when he was a child…
The artist, influenced in this second half of the C15th by the realistic art of Flanders, has hidden my pain in the ample folds of my cloak and nearly completely covered my eyes that have cried too much. He must have seen death, during the course of the Hundred Years War that was so terrifying in Champagne, with those stiffened corpses… but the elbows are awkward!
You that see my pain, sympathize with all the mothers who have known it, who will know it again, the pain of hugging to their breast the corpse of the child to which they gave birth.

MR. H.